Bien choisir le matelas de toute la famille : de bébé aux parents
- Marianne Bertrel
- il y a 2 heures
- 10 min de lecture
Il est trois heures du matin. Vous êtes en train d'allaiter, ou en cododo recroquevillée sur dix centimètres de matelas, ou bien le bébé vient enfin de se rendormir et vous, vous fixez le plafond avec ce mal de dos qui ne vous quitte plus depuis l'accouchement. Le lendemain, vous lirez peut-être un article sur le sommeil de votre bébé, vous comparerez deux gigoteuses, vous vous demanderez s'il faut tenter le rituel des pieds chauds. Et là, sur la literie qui date d'avant lui, vous continuerez à mal dormir.
Je vois ça tout le temps dans mon accompagnement : des parents qui investissent énormément (et c'est tant mieux) pour le sommeil de leur enfant, mais qui dorment eux-mêmes sur un matelas qu'on devrait honnêtement avoir changé depuis longtemps. Or on ne peut pas accompagner sereinement le sommeil de son enfant si le sien est en lambeaux. Le corps qui porte, qui allaite, qui se penche, qui se relève la nuit a besoin, lui aussi, d'un couchage qui le respecte.
Cet article fait le tour : du matelas de bébé (où la sécurité prime sur tout le reste) à celui de l'enfant qui grandit, jusqu'au vôtre, qui mérite enfin qu'on s'y intéresse.

Ce que vous découvrirez dans cet article
Le matelas de bébé : la sécurité avant le confort
Le passage au lit de grand
L'oreiller, à partir de quand ?
Et vous, parents, vous dormez sur quoi ?
Cododo avec un bambin : le 200x200
Allaitement et matelas adapté
Deux matelas côte à côte pour couples aux besoins différents
Comment choisir la fermeté qui vous correspond
Mon avis sur la marque Mello
Le matelas de bébé : la sécurité avant le confort
Pour un nourrisson, le matelas n'est pas un objet de confort. C'est un dispositif de sécurité.
En France, les autorités de santé (Santé publique France, l'Association française de pédiatrie ambulatoire, la Société française de pédiatrie) sont unanimes sur les conditions d'un couchage sûr pour le nourrisson. Leurs recommandations s'appuient sur des décennies d'observations cliniques, et le matelas ferme y figure comme l'un des piliers, juste après la position de couchage sur le dos.
Pourquoi cette exigence ? Parce qu'un nourrisson n'a pas encore la force musculaire ni la motricité pour bouger librement la tête. Sur un matelas qui s'enfonce, ses voies respiratoires peuvent être gênées. Sur un matelas ferme, en revanche, il peut tourner la tête sans difficulté et respirer librement, quelle que soit la phase du sommeil. C'est aussi simple que ça : la fermeté, ici, c'est de la sécurité, pas du confort.
Les recommandations de l'Association française de pédiatrie ambulatoire (AFPA) sont sans ambiguïté :
Un matelas ferme, parfaitement ajusté aux dimensions du lit (pas d'espace entre le matelas et le cadre).
Aucun objet dans le lit : pas de couette, pas d'oreiller, pas de tour de lit, pas de cale-bébé, pas de cocon, pas de coussin d'allaitement comme support de sommeil.
Bébé sur le dos, en gigoteuse adaptée à sa taille.
Une chambre tempérée autour de 18-19 °C.
Pas de matelas ajouté dans un lit parapluie pour les nourrissons.
Côté technique, on regarde la conformité à la norme européenne EN 16890, qui encadre la sécurité des matelas pour lits d'enfants, ainsi que des matériaux certifiés (label OEKO-TEX en particulier) pour limiter l'exposition aux substances chimiques. Un bébé passe environ 16 à 17 heures par jour couché, d’où l’importance d’un matelas fabriqué avec des matières saines.
C'est aussi pour cette raison qu'on ne pose pas de matelas additionnel dans un lit parapluie, qu'on n'utilise pas un matelas hérité dont on ne connaît plus l'âge ni l'historique, et qu'on évite les modèles trop épais ou en mémoire de forme à cet âge.

Quand bébé devient enfant : le passage au lit de grand
Le moment de quitter le lit à barreaux pour le « lit de grand » se situe en général entre 2 et 3 ans, parfois un peu plus tôt si l'enfant escalade les barreaux (question de sécurité), parfois plus tard s'il dort très bien et qu'on n'est pas pressé. Ce n'est pas une question d'âge mais de signaux : autonomie, mobilité, demande de l'enfant, sécurité.
À ce stade, les critères changent. La sécurité reste centrale, mais on entre dans une logique de soutien orthopédique : un corps en croissance a besoin d'un matelas qui maintient correctement la colonne, sans être pour autant aussi rigide qu'une planche.
Quelques repères pour bien choisir :
La fermeté. Mi-ferme reste le bon compromis pour un enfant. Suffisamment ferme pour soutenir sans s'enfoncer, suffisamment accueillant pour ne pas créer de points de pression. Évitez les matelas très moelleux ou en pure mémoire de forme avant 3 ans : l'ossature est encore trop souple pour bénéficier de ce type de couchage. La marque française Mello, avec qui je collabore sur cet article, le précise d'ailleurs très clairement : leur mémoire de forme est déconseillée avant 3 ans, et ils ont conçu pour cette tranche d'âge un matelas réversible (le Melli Mello) avec une face ferme jusqu'à 3 ans, et une face mémoire de forme à utiliser après. C'est une logique que je trouve très juste : un seul matelas qui accompagne l'enfant pendant toute sa croissance.
La taille. Pour la transition, on choisit généralement un 90x190 ou 90x200. Le 80x200 est aussi une bonne option dans des chambres plus petites. Si vous voulez investir une seule fois, partez sur du 90x200 : votre enfant pourra y dormir confortablement jusqu'à l'adolescence. Mello propose toutes ces tailles.
Les matériaux. Les enfants passent énormément de temps couchés : visez du OEKO-TEX, du déhoussable lavable en machine (les accidents arrivent), de l'hypoallergénique. La fabrication française n'est pas qu'un argument cocorico : elle garantit en plus une traçabilité des matériaux.
L'épaisseur. Ne descendez pas en dessous de 16 cm. Pour un enfant qui grandit, 18 à 22 cm est un bon standard.
Et l'oreiller, à partir de quand ?
C'est une des questions qu'on me pose le plus souvent. La réponse est claire : pas avant 2 ans, idéalement au moment où l'enfant se retourne seul sans difficulté et où il commence spontanément à chercher un appui sous sa tête (souvent avec son doudou ou un coin de couverture).
Le pédiatre Andréas Werner, ancien président de l'AFPA, le précise sur Mpedia : à partir du moment où l'enfant marche et bouge librement, le risque d'étouffement est quasi inexistant, et un oreiller fin ne pose plus de problème.
Quand vous l'introduisez, choisissez un oreiller spécifiquement adapté à un enfant :
Très plat (3 à 5 cm d'épaisseur, pas plus), pour ne pas casser l'alignement de la nuque.
Petit format (40x60 cm est la taille idéale jusqu'à l'adolescence).
Souple à mi-ferme, jamais trop épais.
Hypoallergénique et lavable en machine.
Les oreillers adultes ne conviennent pas : trop épais, trop volumineux, ils forcent une mauvaise posture et peuvent même créer des tensions cervicales.
Mello propose une gamme d'oreillers avec différentes fermetés et garnissages (coton, duvet, mémoire de forme), pour l'enfant, on partira sur un modèle plat, en coton respirant, plutôt que sur la mémoire de forme qui reste destinée aux adultes.
Et vous, parents, vous dormez sur quoi au juste ?
C'est là que la conversation devient inconfortable. Parce que la plupart des couples que j'accompagne ont changé le matelas de leur enfant trois fois plutôt qu'une, mais dorment, eux, sur le matelas qu'ils avaient avant la grossesse. Parfois depuis 12, 15 ans. Avec un dos qui n'a plus rien à voir avec celui d'il y a une décennie.
Or les besoins ont changé. Drastiquement.
Vous portez. Vous portez bébé, vous portez le siège auto, vous portez les courses avec un enfant dans les bras. Vos lombaires et cervicales sont sollicités comme jamais.
Vous allaitez (ou vous donnez le biberon) la nuit. Souvent dans des positions improbables, sur le côté, à demi assise, pendant des dizaines de minutes.
Vous faites du cododo, ou de la chambre partagée, ce qui veut dire qu'au moindre mouvement de votre conjoint, vous êtes réveillée. L'indépendance de couchage devient un critère vital.
Vous vous relevez la nuit, vous vous recouchez, vous bougez. Un matelas trop mou ou trop ferme transforme chaque transition en effort musculaire.
Voici comment penser le choix d'un nouveau matelas, en fonction de votre configuration familiale.
Si vous faites du cododo avec un bambin : pensez au 200x200
Le 200x200 (souvent appelé King Size en France, même si techniquement il y a aussi le 180x200) est une vraie révélation pour les familles qui font du cododo. Vous gagnez 40 cm en largeur par rapport à un 160x200 classique, ce qui change tout quand un (ou deux) enfant rejoint le lit en milieu de nuit, quand ils font un cauchemar ou qu’ils sont malades. Personne n'est en équilibre sur le bord. L'allaitement de nuit devient possible sans contorsions.
Mello propose toute sa gamme en 200x200 : Hybride (mousse mémoire + ressorts ensachés, avec une excellente indépendance de couchage), Relax (mémoire de forme, mi-ferme, équilibre parfait), Max (ultra moelleux pour celles et ceux qui veulent une sensation enveloppante).
Mon conseil sur la fermeté pour cette configuration : mi-ferme. C'est le compromis qui convient au plus grand nombre, qui s'adapte aux différentes morphologies (parents et enfants), et qui ne crée pas de creux gênants quand un petit corps de 12 kilos vient s'installer.
Si vous allaitez ou si vous donnez le sein à un nouveau-né dans le lit
Ici, plusieurs points méritent attention. D'abord, les recommandations officielles sont claires : le partage de lit (bébé directement dans le lit des parents) est déconseillé, particulièrement avant 6 mois, sauf si vous respectez des critères précis (seulement la maman dans le lit avec bébé, position BN et installation sécuritaire, pas de couette ou d’oreiller…). Le compromis recommandé reste le lit cododo accolé au lit parental, où bébé dort sur sa propre surface ferme, à portée de main pour la tétée.
Ce qui ne dispense pas la mère qui allaite d'avoir, elle, un matelas adapté. Au contraire. Les positions d'allaitement en latéral sollicitent énormément les épaules, le bassin, les cervicales. Un matelas qui ne soulage pas les points de pression, c'est l'assurance d'une douleur cumulative au fil des mois.
Pour cette configuration, je recommanderais plutôt un matelas mi-ferme à tendance moelleuse, qui épouse le corps sans le laisser s'enfoncer. Le Mello Relax (mémoire de forme, mi-ferme) est un bon candidat. Si vous avez déjà un matelas correct mais un peu ferme, un surmatelas en mémoire de forme peut transformer votre confort sans investir dans un matelas neuf, Mello en propose en différentes épaisseurs (5 ou 8 cm).
Si vous et votre partenaire avez des besoins très différents : deux matelas 80 ou 90x200 côte à côte
C'est la solution scandinave, encore peu connue en France, et pourtant idéale pour les couples où l'un veut du ferme, l'autre du moelleux, ou simplement quand l'un est lourd et l'autre léger.
Concrètement : vous prenez deux matelas en 80x200 ou 90x200, posés sur un même cadre de lit (ou sur deux sommiers jumeaux), avec un topper ou un surmatelas posé en travers pour gommer la jonction visuelle au milieu. Chacun choisit la fermeté qui lui convient. L'indépendance de couchage devient totale. Si l'un se relève la nuit, l'autre ne sent rien.
Mello propose tous ses modèles en 80x200 et 90x200, ce qui rend la combinaison facile : on peut prendre un Relax (mi-ferme, mémoire de forme) d'un côté pour celui qui aime l'accueil enveloppant, et un Hybride (mousse + ressorts) de l'autre pour celui qui préfère un soutien plus ferme et plus aéré.
Petit bonus : en cas de besoin (canapé d'amis qui dort un soir, déménagement, séparation temporaire pour gestion de bébé), un matelas 80 ou 90x200 se déplace beaucoup plus facilement qu'un 200x200.
Comment choisir la fermeté qui vous correspond
Je résume ce qui s'applique à n'importe quel adulte, en m'appuyant sur les recommandations de Mello qui sont alignées avec ce qu'on lit ailleurs dans la littérature literie :
Si vous dormez sur le dos : optez pour un matelas ferme. Il maintiendra l'alignement naturel de votre colonne sans creuser la zone lombaire.
Si vous dormez sur le côté : préférez un matelas mi-ferme à moelleux. Il doit accueillir l'épaule et la hanche sans créer de point de pression.
Si vous dormez sur le ventre (position pourtant déconseillée pour le dos, on en reparle un autre jour) : choisissez un matelas ferme, pour éviter le creusement lombaire.
Si vous changez de position toute la nuit : un matelas mi-ferme, universel, est votre meilleur allié.
Si vous avez mal au dos : ce n'est pas systématiquement un matelas ferme qu'il vous faut. Un matelas trop ferme peut aggraver les douleurs en créant des points de pression. L'idéal est un matelas qui soutient sans s'enfoncer (mémoire de forme bien dosée, par exemple).
Côté épaisseur : ne descendez pas en dessous de 18 cm pour un adulte. Idéalement, visez 22 à 25 cm. Côté densité, comptez minimum 50 kg/m³ pour de la mousse haute résilience (gage de durabilité).
Pourquoi j'ai choisi de collaborer avec Mello
J'ai été immédiatement convaincue par le fait que ce soit fabriqué en France, et les avis 4,5/5 sur Trustpilot m'ont vraiment plu, quand leurs concurrents (Emma et Bultex) sont à 3,9/5 ou 4/5. Mon ancien matelas Ikéa avait plus de 10 ans et vraiment, ça n'était pas terrible. Niveau confort c'est vraiment parfait, nous avons choisi le modèle Relax complété par un surmatelas. Après de longues journées rythmées par le travail de bureau, les tâches ménagères, les temps avec les enfants, le confort n'est pas une option.
Quand on me propose des collaborations, je suis exigeante. Mello coche les cases qui me semblent essentielles :
Fabrication française : conception à Strasbourg, fabrication dans les Vosges. Pas de matelas qui ont fait trois fois le tour du monde.
Mousses certifiées OEKO-TEX, sans substances chimiques nocives : important pour vous, encore plus pour vos enfants.
Une gamme complète qui couvre l'enfant à partir de 80x200, et toutes les configurations adultes jusqu'au 200x200. (Je profite de cet article pour leur demander des matelas bébé, qu’en pensez-vous ?)
100 nuits d'essai avec retour gratuit. Un matelas, ça se teste vraiment, pas en magasin trois minutes.
Garantie 10 ans. Ils assument la durabilité.
Un rapport qualité-prix qui rend la qualité française accessible, c'est rare et ça mérite d'être souligné.
En résumé
Investir dans un bon matelas, c'est investir dans la qualité de votre sommeil, donc dans votre santé physique, votre régulation émotionnelle, votre patience avec votre enfant, votre couple, votre énergie au quotidien. Ce n'est pas un luxe quand on est parent. C'est probablement l'un des gestes les plus utiles qu'on puisse faire pour soi, et indirectement pour ses enfants.
Alors si vous lisez encore cet article à 23h22 sur votre téléphone, allongée sur ce matelas qui date d'il y a plus de 10 ans, prenez peut-être deux minutes pour faire le test : la prochaine fois que vous vous levez, votre dos est-il vraiment reposé ?
Si la réponse est non, vous savez ce qu'il vous reste à faire.
Cet article s'inscrit dans le cadre d'une collaboration avec Mello, une marque française de literie haut de gamme fabriquée dans les Vosges. Les recommandations relatives au sommeil sécurisé du nourrisson proviennent de sources officielles : Santé publique France, Association française de pédiatrie ambulatoire (mpedia.fr), Société française de pédiatrie.




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