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Tétine et biberon : pour ou contre ? Conséquences et comment arrêter

Tétine et biberon : avantages, inconvénients, conséquences sur les dents et le langage, et comment arrêter pour un sevrage en douceur


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Par Marianne Bertrel, accompagnante parentale consultante en sommeil et nutrition infantile


Sommaire

  1. La tétine : une bonne ou mauvaise idée ?

  2. Les avantages de la tétine

  3. Les inconvénients et conséquences de la tétine

    • Conséquences sur la santé bucco-dentaire

    • Tétine et développement du langage

    • Tétine et sommeil : attention aux réveils nocturnes

    • Dépendance émotionnelle et béquille psychologique

  4. Tétine ou pouce : que choisir ?

  5. Quand arrêter la tétine ? Les recommandations par âge

  6. Comment arrêter la tétine en douceur ?

    • Les méthodes progressives

    • Les méthodes plus rapides

    • Ce qu'il ne faut pas faire

  7. Le biberon : pour ou contre ?

  8. Quand et comment arrêter le biberon ?

  9. Conclusion


La tétine : une bonne ou mauvaise idée ? Une professionnelle pèse les "pour" et les "contre".


La tétine — ou sucette, lolette, succion non nutritive — est un sujet qui divise profondément les parents, les pédiatres et les professionnels de santé. Certains la voient comme un outil précieux pour apaiser bébé, d'autres la redoutent pour ses effets potentiels sur les dents et la parole. Alors, la tétine est-elle une bonne idée ? Comme souvent en parentalité, la réponse dépend de l'âge de l'enfant, de la durée d'utilisation et du contexte.


Ce qu'il faut retenir d'emblée : la tétine n'est ni bonne ni mauvaise en soi. Ce qui compte, c'est l'usage qu'on en fait et le moment où on décide d'y mettre fin. Voici tout ce que vous devez savoir pour prendre une décision éclairée.


Les avantages de la tétine


Un réflexe de succion naturel et inné


Dès la vie intra-utérine — environ à la 14e semaine de grossesse — le fœtus commence à exercer son réflexe de succion. À la naissance, ce besoin est intense et physiologique. La tétine y répond de façon naturelle, surtout dans les premières semaines de vie quand maman ou papa ne peut pas être disponible en permanence.


Un outil apaisant reconnu


La succion non nutritive a un effet calmant démontré. Elle active le système nerveux parasympathique, aide bébé à réguler ses émotions et peut faciliter l'endormissement. Pour les jeunes parents dépassés par les pleurs de leur nourrisson, la tétine est souvent une véritable bouée de sauvetage.


La tétine réduit le risque de mort innattendue du nourrisson (MIN)


C'est l'argument le plus solide en faveur de la tétine : des études de l'American Academy of Pediatrics ont montré que les bébés qui utilisent une tétine pendant leur sommeil présentent un risque réduit de mort subite du nourrisson. La succion favoriserait une meilleure régulation du rythme cardiaque et des voies respiratoires, et empêcherait le bébé de se retourner sur le ventre — position associée à un risque accru de MIN.


La tétine est préférable au pouce


Pour les professionnels de l'orthodontie, la tétine présente un avantage majeur sur le pouce : elle est amovible. Il est donc possible de maîtriser le moment et la durée d'utilisation. Le pouce, toujours disponible, peut parfois engendrer des déformations dentaires plus importantes et son sevrage est souvent plus tardif et plus difficile.


Avantages pratiques


La tétine est facile à transporter, à nettoyer et à stériliser. Elle peut être retirée dès que nécessaire — dans un contexte social, chez le médecin ou pendant les repas — ce qui n'est pas possible avec le pouce.


Les inconvénients et conséquences de la tétine


Conséquences sur la santé bucco-dentaire


C'est le revers de la médaille le plus documenté. Une utilisation prolongée de la tétine au-delà de 3 ans peut entraîner :

  • Une déformation du palais 

  • Un mauvais alignement des dents de lait et des dents définitives : décalage de l'occlusion, béance antérieure (espace entre les dents du haut et du bas quand la bouche est fermée)

  • Des déformations de la mâchoire pouvant nécessiter une intervention orthodontique à la pré-adolescence

  • Une posture linguale atypique : la langue s'habitue à une position basse plutôt qu'appuyée contre le palais


Il est important de nuancer : ces conséquences bucco-dentaires sont réversibles si la tétine est arrêtée avant 3 ans, notamment grâce à la plasticité des os de la face chez le jeune enfant. Plus on attend, plus les corrections sont difficiles et coûteuses.


Tétine et développement du langage


La tétine constamment en bouche réduit les occasions de vocalisation, d'imitation et de jeux buccaux essentiels à l'acquisition du langage. Les enfants qui ont la tétine en permanence dans la bouche pendant la journée peuvent montrer :

  • Des difficultés de prononciation de certains sons

  • Un retard dans le développement lexical

  • Une articulation moins précise

La tétine réservée aux seuls moments de sommeil ou de grande détresse n'a, en revanche, pas d'impact démontré sur le langage.


Tétine et sommeil : attention aux réveils nocturnes


Voici un point que de nombreux parents ne soupçonnent pas : bien que la tétine facilite l'endormissement, elle peut aussi être à l'origine de réveils nocturnes répétés. En effet, avant l'âge de 7-8 mois, lorsque la tétine tombe de la bouche durant la nuit, le bébé se réveille et réclame qu'on la lui remette. Certaines familles se retrouvent ainsi à se lever 10 à 12 fois par nuit pour remettre la tétine en place — un cercle vicieux épuisant pour tout le monde.


Si votre bébé se réveille fréquemment la nuit et que la tétine est en jeu, il peut être utile d'envisager progressivement de la supprimer pour les nuits.


Dépendance émotionnelle et béquille psychologique


La tétine peut devenir un objet transitionnel puissant. Si cela peut avoir une fonction rassurante saine chez le tout-petit, au-delà de 2-3 ans, elle risque de devenir une béquille émotionnelle qui empêche l'enfant de développer d'autres stratégies de gestion du stress et des émotions. L'enfant qui a toujours sa tétine en bouche parle moins, s'engage moins dans les interactions sociales et peut développer moins d'autonomie émotionnelle.


Tétine ou pouce : que choisir ?


La question tétine vs pouce est l'un des grands débats de la parentalité. La réponse des professionnels de l'orthodontie est quasi unanime : la tétine est préférable au pouce. Voici pourquoi :

  • La tétine est retirable, le pouce ne l'est pas

  • Une tétine orthodontique bien choisie a moins d'impact sur le palais qu'un pouce

  • Le sevrage de la tétine est généralement plus précoce et plus facile que le sevrage du pouce

  • Le pouce, toujours disponible, tend à être sucé plus intensément et plus longtemps

Cela dit, si votre enfant prend son pouce, c'est souvent parce que son besoin de succion n'a pas été satisfait autrement. Il n'est pas question de culpabilité : l'important est d'accompagner le sevrage dans les deux cas.


Quand arrêter la tétine ? Les recommandations par âge


De 0 à 6 mois : la tétine peut soulager bébé


À cet âge, le réflexe de succion est fort et physiologique. La tétine est non seulement acceptable mais peut réduire le risque de MIN. Environ 80 % des bébés de moins de 6 mois utilisent la tétine. Il n'est pas du tout nécessaire d'envisager le sevrage à ce stade.

Conseil : si vous allaitez, attendez que l'allaitement soit bien mis en place (3 à 6 semaines) avant d'introduire la tétine pour éviter de remplacer des tétées nécessaires au maintien de votre lactation en donnant la tétine pour soulager les pleurs.


La période idéal pour arrêter la tétine ? Entre 3 et 6 mois ! Votre petit se réveille constamment pour que vous lui rendiez sa tétine ? Il perd sa tétine et ne sait pas la remettre seul ? Découvrez comment aider votre bébé a se passer de la tétine pour mieux dormir en cliquant juste ici.


De 7 à 24 mois : une réduction progressive est possible mais le sevrage est déconseillé


Entre 6 et 12 mois, c'est une bonne période pour commencer à limiter la tétine aux moments de sommeil ou de forte agitation, et à introduire un doudou comme objet de réconfort alternatif.


À partir de 1 an, les spécialistes recommandent de réserver la tétine au coucher et aux siestes uniquement, en invitant l'enfant à la ranger dès que possible et à la laisser dans son lit. La tétine pendant la journée n'est plus justifiée et commence à interférer avec le développement du langage et les interactions sociales, cependant certains enfants ont vraiment beaucoup de mal à s'en passer. Il faudra donc sauter sur l'occasion de leur faire arrer la tétine pendant la seconde période propice : dès 2 ans. Cela se prépare dès 18 mois avec une méthode adaptée et progressive, découvrez les différentes méthodes en cliquant juste ici.


De 2 à 3 ans : l'âge idéal pour arrêter


C'est la fenêtre d'or pour le sevrage de la tétine. L'enfant est assez grand pour comprendre des explications simples, assez petit pour que les corrections dentaires se fassent naturellement. Avant 3 ans, les déformations éventuelles du palais et des dents sont encore largement réversibles sans intervention orthodontique.


De plus, l'enfant entre dans une période de développement de son autonomie et de son identité — c'est le bon moment pour l'aider à franchir ce cap avec fierté.


Cliquez ici ou sur l'image pour participer au programme de sevrage de la tétine conçu par une professionnelle de la petite enfance depuis 2003.


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Après 3-4 ans : il est vraiment temps


Au-delà de 3 ans, la tétine n'est plus un besoin physiologique mais une habitude, souvent une béquille émotionnelle. Les conséquences sur la dentition et la posture linguale deviennent plus prononcées et moins facilement réversibles. Les orthodontistes, pédiatres et orthophonistes s'accordent à dire que la tétine doit être arrêtée au plus tard vers 3-4 ans.


Comment arrêter la tétine en douceur ?


Le sevrage de la tétine est une étape qui peut s'avérer délicate, surtout si l'enfant y est très attaché. Voici les approches qui fonctionnent le mieux, selon l'âge et le tempérament de l'enfant.


Ce qu'il ne faut pas faire

  • Mettre du vinaigre, du piment, du poivre ou un produit amer sur la tétine : ces méthodes sont inefficaces sur le fond et peuvent être vécues comme une trahison par l'enfant

  • Couper le bout de la tétine sans explication : l'enfant peut ressentir cela comme une punition incompréhensible

  • Céder après plusieurs jours de résistance ou punir / priver de tétine : cela renforce paradoxalement l'attachement à la tétine en apprenant à l'enfant qu'il suffit d'insister assez longtemps pour l'obtenir

  • Culpabiliser l'enfant ou le comparer à d'autres : chaque enfant a son propre rythme et ses propres besoins émotionnels

Pour aller plus loin : Si vous sentez que vous avez besoin d'être guidé(e) pas à pas, avec plusieurs méthodes adaptées à votre enfant, au sein d'une communauté de parents qui vivent la même chose, découvrez le programme « J'arrête la tétine en douceur » de Marianne Bertrel. Ce programme bienveillant propose plusieurs approches concrètes adaptées à chaque enfant dès 2 ans, avec des vidéos explicatives, un guide ludique et un accès à un groupe privé de parents.

Le biberon : pour ou contre ?


Si la tétine concentre la majorité des débats, le biberon mérite lui aussi qu'on s'y attarde. Qu'il soit utilisé pour du lait maternel, du lait infantile ou de l'eau, le biberon est un outil de nutrition qui a ses avantages et ses limites.


Les avantages du biberon


Flexibilité et partage des tâches Le biberon permet au deuxième parent, aux grands-parents ou à l'assistante maternelle de participer activement à l'alimentation de bébé. C'est un soutien précieux, notamment à la reprise du travail de la maman.


Quantités mesurables Contrairement à l'allaitement, le biberon permet de visualiser précisément la quantité de lait consommée par bébé, ce qui peut rassurer certains parents anxieux face au « combien mange mon bébé ? ». Cependant, si vous allaitez, rassurez-vous les cas où bébé ne boit pas assez sont rarissime quand l'allaitement a été bien préparé et que vous avez les bonnes infos ici.


Transition douce pour les bébés allaités Lorsqu'une maman reprend le travail ou souhaite sevrer l'allaitement, le biberon offre une transition nutritive naturelle, à condition de choisir une tétine à débit très lent et de respecter l'apprentissage progressif.


Les inconvénients du biberon


Impact sur l'allaitement maternel Pour un bébé allaité, l'introduction trop précoce d'un biberon peut provoquer une préférence sein/tétine et entraîner une baisse de la production de lait. Il est généralement conseillé d'attendre que l'allaitement soit bien établi (3 à 6 semaines) avant d'introduire un biberon.


Risque de caries dentaires Le biberon donné la nuit — particulièrement avec du lait ou du jus de fruit — augmente significativement le risque de caries des dents de lait. Les sucres en contact prolongé avec les dents pendant le sommeil sont particulièrement agressifs pour l'émail dentaire. Le biberon nocturne après l'apparition des premières dents doit donc être évité.


Risque d'otites Une position trop allongée lors de la prise du biberon peut favoriser le passage de lait vers les trompes d'Eustache et augmenter le risque d'otites. Il est important de tenir bébé semi-incliné pendant la tétée au biberon.


Dépendance affective Comme la tétine, le biberon peut devenir un objet de réconfort au-delà de son utilité nutritive. Un enfant de plus d'un an qui réclame son biberon pour s'endormir ou pour se consoler n'en a plus besoin sur le plan nutritionnel — il s'agit d'un besoin émotionnel qui mérite d'être traité autrement.


La présence de substances controversées Si les biberons vendus en France sont aujourd'hui certifiés sans BPA, des études récentes ont soulevé des interrogations sur la présence de certains composés dans les tétines de biberon, y compris chez des marques réputées. Il est conseillé de bien vérifier les certifications, de préférer le silicone médical et d'éviter le plastique dès que possible.


Quel biberon choisir ? Découvrez l'article complet ici.


Quand et comment arrêter le biberon ?


Quand arrêter le biberon ?


En France le marketing des fabricants de biberons est plutôt efficaces, très peu de parents connaissent les recommandations sur l'âge auquel faire arrêter le biberon aux enfants. Il est important que le biberon soit remplacé par un autre contenant entre 12 et 18 mois. au plus tard. À cet âge, l'enfant peut boire dans une tasse ou un gobelet d'apprentissage et n'a plus besoin du biberon sur le plan du développement oral. Attendre trop longtemps augmente le risque de caries et renforce la dépendance affective à cet objet. En pratique, la plupart des familles visent le cap des 3 ou 4 ans comme limite maximale, mais c'est une erreur.


Comment arrêter le biberon progressivement ?


Tout d'abord, il faudra trouver le bon moment : Dès 6-8 mois, proposez régulièrement une tasse d'apprentissage pendant les repas. Progressivement, les repas solides prendront le dessus et le biberon deviendra moins central. Si vous avez dépassé le délai idéal pour supprimer le biberon, passez le cap avec mon programme Tout savoir sur le biberon : choix, bonnes pratiques et sevrage du biberon en douceur et avec bienveillance. Découvrez le ici.


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Conclusion


La tétine et le biberon sont deux objets du quotidien qui ont chacun leur utilité à un moment précis du développement de votre enfant. La tétine est bénéfique dans les premières semaines et premiers mois de vie, comme satisfaire le réflexe de succion et apaiser bébé. Le biberon est un précieux outil de nutrition qui offre de la flexibilité à toute la famille.


Mais l'un comme l'autre ont des conséquences réelles sur la santé bucco-dentaire, le langage, la respiration, l'équilibre alimentaire et le développement émotionnel s'ils sont utilisés trop longtemps. La bonne nouvelle ? Ces conséquences sont largement évitables et réversibles si le sevrage est effectué au bon moment — idéalement avant 3 ans pour la tétine, avant 18 mois pour le biberon.


Le sevrage n'a pas besoin d'être un drame. Avec de la cohérence, de l'anticipation, de l'empathie et les bonnes méthodes, vous pouvez accompagner votre enfant dans ce passage avec bienveillance. Chaque enfant est unique, chaque famille aussi. Ce qui compte, c'est de trouver l'approche qui vous correspond et d'avancer à votre rythme.


FAQ : toutes vos questions sur la tétine et le biberon


À quel âge faut-il arrêter la tétine ?

L'âge idéal recommandé par les pédiatres et les orthodontistes est entre 2 et 3 ans. Avant 3 ans, les os du visage sont encore très malléables et les éventuelles déformations du palais ou des dents se corrigent spontanément après l'arrêt, sans intervention. Au-delà de 3 ans, les corrections deviennent plus difficiles et peuvent nécessiter un suivi orthodontique. Certains enfants arrêtent naturellement plus tôt — c'est une bonne chose. D'autres ont encore besoin d'un accompagnement à 3-4 ans — c'est tout à fait gérable avec les bonnes méthodes.


Est-ce grave si mon enfant a encore sa tétine à 3 ans ? À 4 ans ?

À 3 ans, on est encore dans la fenêtre où un sevrage rapide permet au palais de se remettre en place sans séquelles durables. À 4 ans, les conséquences bucco-dentaires sont réelles mais restent corrigeables avec un suivi adapté. Le plus important est d'agir maintenant plutôt que d'attendre. Évitez de culpabiliser rétrospectivement : beaucoup d'enfants ont leur tétine jusqu'à 3-4 ans sans que cela ne laisse de traces si le sevrage est ensuite mené correctement.


Arrêter la tétine va-t-il perturber le sommeil de mon enfant ?

Oui, les premiers jours peuvent être agités. Un enfant habitué à s'endormir avec sa tétine doit réapprendre à s'endormir autrement — cela demande quelques nuits d'adaptation. En général, 3 à 7 jours suffisent pour que le nouveau rituel soit intégré. Pour faciliter la transition, renforcez le rituel du coucher (histoire, chanson, câlin, doudou) et soyez cohérent : ne revenez pas en arrière après une nuit difficile, car cela apprendrait à votre enfant qu'il suffit de protester assez fort pour récupérer sa tétine.


La tétine uniquement pour le dodo, c'est acceptable ?

Oui, tout à fait. Réserver la tétine aux moments de sommeil (coucher du soir et sieste) est une excellente étape intermédiaire. Cela préserve son rôle apaisant à l'endormissement tout en supprimant les effets négatifs sur le langage en journée. C'est une stratégie conseillée dès 12 mois et qui facilite ensuite le sevrage complet, car l'enfant s'y est progressivement désaccoutumé.


La tétine retarde-t-elle vraiment le langage de mon enfant ?

La tétine en bouche pendant la journée réduit effectivement les occasions de babiller, d'imiter et de pratiquer les mouvements bucco-faciaux nécessaires à la parole. Des études montrent que les enfants qui ont la tétine en permanence dans la bouche peuvent présenter des difficultés d'articulation et un vocabulaire moins riche. Cependant, une tétine réservée au sommeil n'a pas d'impact démontré sur le langage. Si vous avez des inquiétudes sur le développement langagier de votre enfant, n'hésitez pas à consulter un orthophoniste.


Les dents de mon enfant vont-elles se remettre en place après l'arrêt de la tétine ?

Oui, si l'arrêt intervient avant 3 ans : les dents de lait et les os du visage sont encore très plastiques à cet âge, et les légères déformations du palais ou les décalages d'occlusion se corrigent en général spontanément en quelques mois. Après 3 ans, une correction spontanée reste possible mais moins garantie. Après 4-5 ans, une consultation chez un orthodontiste pédiatrique peut être utile pour évaluer si une intervention légère est nécessaire.


Mon enfant refuse catégoriquement d'arrêter sa tétine. Que faire ?

Un enfant qui refuse est un enfant pour qui la tétine représente encore un besoin émotionnel fort. Avant de forcer, posez-vous la question : est-ce le bon moment ? Y a-t-il un changement important dans sa vie (entrée à l'école, bébé qui arrive, déménagement) ? Si oui, il peut être judicieux d'attendre quelques semaines. Sinon, travaillez sur l'implication de l'enfant dans la décision : expliquez, lisez des livres sur le sujet, faites-le participer à un rituel d'adieu. Les méthodes progressives qui réduisent graduellement la succion sans supprimer brutalement la tétine peuvent être une bonne option pour les enfants très attachés. Découvrez mes méthodes juste ici.


Mon enfant a arrêté la tétine puis y est revenu. Est-ce normal ?


Tout à fait normal, surtout si une période de stress ou de changement est survenue entre-temps. On appelle cela une régression. La règle d'or : ne pas re-donner la tétine si l'arrêt était acté, car cela efface le travail accompli et envoie un message confus à l'enfant. Accompagnez la régression avec de l'empathie, renforcez le sentiment de sécurité par d'autres moyens (doudou, présence rassurante, rituels stables) et maintenez cap.


Vaut-il mieux un arrêt brutal ou progressif de la tétine ?

Pour la grande majorité des enfants, l'arrêt progressif est préférable. Il évite le choc émotionnel, permet à l'enfant de s'adapter à son rythme et réduit les risques de compensation (pouce, cheveux, linge). L'arrêt brutal peut fonctionner chez des enfants peu attachés à leur tétine ou chez les très jeunes bébés de moins de 6 mois, mais il est déconseillé chez un enfant de 2-3 ans ou plus fortement attaché. Dans tous les cas, la cohérence est plus importante que la rapidité : quelle que soit la méthode choisie, ne revenez pas en arrière.


Peut-on arrêter la tétine en même temps que le biberon ?

Techniquement, oui — mais c'est beaucoup demander à l'enfant en même temps. Si les deux sont très présents, il vaut mieux prioriser : commencez par l'un (souvent le biberon en journée, puis la tétine), stabilisez, puis enchaînez. Si votre enfant a moins de 18 mois, le biberon est souvent la priorité nutritive à traiter en premier. Si votre enfant a 2-3 ans et que la tétine est l'enjeu principal, concentrez-vous sur elle.


Quand peut-on dire que le sevrage de la tétine est vraiment terminé ?

Le sevrage est considéré comme acquis lorsque votre enfant passe plusieurs semaines sans réclamer sa tétine, même dans des situations stressantes (maladie, voyage, fatigue). En général, après 3-4 semaines sans tétine et sans régression, l'habitude est bien brisée. Certains enfants peuvent encore avoir des moments de nostalgie les premiers mois — c'est normal. Célébrez ce cap avec votre enfant : c'est une vraie réussite dont il peut être fier !



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