Vers une parentalité positive

Mis à jour : nov. 17

Depuis quelques années, un mouvement fait la promotion d'une éducation positive et bienveillante. Ce mouvement est porté par des psychologues ou neuroscientifiques, qui proposent des façons de communiquer avec son enfant, de l'aider à se construire, sans avoir besoin d'utiliser des VEO (violences éducatives ordinaires : fessées, paroles blessantes, cris, punitions, ...). Ce mouvement est formidablement porté par des femmes comme Isabelle Filliozat ou Catherine Gueguen.



Je constate toutefois qu'un autre mouvement se développe en parallèle de celui-ci, sous le nom de maternage proximal et il semble que parfois, les professionnels qui le soutiennent (souvent adeptes de l'éducation positive) sont justement sur la défensive et parfois même dans l'attaque. Je suppose qu'il serait plus intéressant de promouvoir également la bienveillance entre parents et professionnels de santé ou de l'accompagnement parental, qu'on a vite tendance à qualifier de maltraitants ou à émettre des jugements de valeurs selon les pratiques (sans même les connaître bien souvent).


Construire son raisonnement et ses valeurs en les opposants à celles d'autres :


Hier, une psychomotricienne que je respecte beaucoup : Rokiyah Miss Psychomot, a écrit un post sur les réseaux pour évoquer la division chez les professionnels de santé, qui ne sert qu'aux autres. Suite à ce post, j'ai déjà entamé une réflexion sur le sujet, car je me sens régulièrement " attaquée " par des parents ou professionnels sur mes propositions d'accompagnements, alors que ces personnes n'ont aucune idée de ce qui se déroule lors de mes consultations, car ces échanges ne regardent que les familles que j'accompagne et moi-même. Je ne réponds plus à ce genre de messages ou commentaires négatifs, car je suis en paix avec moi-même concernant ma pratique professionnelle et mon parcours riche de 17 années de formations, d'expériences et de " terrain " auprès de centaines de familles. Je préfère mettre mon énergie au service de ceux qui me font confiance.



Et ce matin je suis tombée sur ce texte (un de plus car il en circule beaucoup du même genre sur les réseaux) de Christine Marcotte, que je ne connais pas, mais qui est à priori accompagnante à la naissance et maman québecoise :

« Je m'appelle Marie, Mélie ou Paul... J'ai 6 mois, 1 an, 2 ans ou plus. Ma maman a 30 ans. Le soir, elle se couche avec papa. Elle est si bien réconfortée par son odeur et le son de sa respiration. Lorsque papa est absent, elle met beaucoup de temps à s'endormir et son sommeil est agité. Avant de s'endormir, elle se fait un bol de lait chaud. Même à son âge, elle trouve ça si agréable de boire son bol de lait avant d'aller au lit. La nuit, elle a un grand verre d'eau près de son lit qu'elle boit au besoin. Maman a souvent soif la nuit. Le soir, je dois maintenant m'endormir seul dans ma chambre parce qu'un professionnel de la santé a dit à mes parents qu'à mon âge, je devais dormir seul. Il a aussi dit que je devais m'endormir sans aide. Le soir, mes parents me couchent dans mon lit et attendent que je m'endorme seul. J'ai si peur, moi qui hier était bercé dans les doux bras de papa jusqu'à l'endormissement. La nuit, je me réveille. J’ai soif mais je ne peux plus boire de lait. On leur a aussi dit qu'un bébé de mon âge n'avait plus besoin de boire la nuit. Ce professionnel de la santé qui a donné ces conseils à mes parents, je me demande bien s'il se lève pour boire parfois la nuit et s'il parvient à bien dormir lorsque la personne qui partage sa vie n'est pas à côté de lui lorsqu'il dort ? Il faudrait lui demander. Pourquoi est-ce qu'on exige plus de moi alors que je suis encore si petit ? " Pour moi, c'est un exemple typique de partage anxiogène pour les parents, qui sont niés dans leurs ressentis et dans ce qu'ils proposent à leurs enfants, en l'occurrence de dormir dans leur chambre ici. Chaque famille est bien différente et je pense que tous les parents sont capables de savoir quand leur enfant est prêt à rejoindre leur lit, leur chambre que ce soit à 2 mois ou à 3 ans, ou si il a besoin de boire encore la nuit ou non en fonction de la saison ou des maux de bébé ... Les parents de 2, 3, 4 enfants et plus savent que la proposition change d'un enfant à l'autre et qu'on doit s'adapter. Dans ce texte, les parents sont ignorants, ils " ne savent pas ". Hors je pense, comme la plupart des consultantes sommeil que je connais et qui sont des consoeurs que je respecte, que le parent est l'expert de son enfant et que dans un accompagnement, le professionnel est là pour le rassurer dans ses compétences et ses pratiques, en donnant des clés et outils issus de ses expériences et savoirs dans l'unique but de le soutenir. La majorité des professionnels ne sont pas dans le " Y'a qu'à, faut que " comme le suggère ce texte. D'ailleurs, il appartient ensuite à chaque famille de s'emparer des outils proposés ou non, en fonction des sensibilités et valeurs qu'elle porte en elle.

Dans un second temps, ce texte jette un discrédit total et sans aucun fondement sur tous les professionnels de santé et les consultantes sommeil au passage. Pourquoi construire son propos contre ses confrères et consoeurs, plutôt que d'accepter que comme les individus, il y a différents professionnels avec différentes sensibilités et propositions ? J'imagine que la personne qui a écrit ce texte prône une éducation bienveillante, il serait peut-être bon d'en faire de même avec les membres de sa profession ou de professions périphériques à la sienne. Chère Christine, si vous me lisez, soyez assurée que ça ne m'empêche pas de penser que vous accompagnez merveilleusement bien les futures mamans par la pratique du yoga, les ateliers portage ou allaitement. Ces femmes vous font confiance et elles ont sûrement bien raison, car vos propositions leur correpondent.

J'entends justement les personnes qui pratiquent le maternage proximal dire qu'ils se sentent jugés également car ils co-dodotent avec leurs enfants longtemps, proposent un allaitement " non écourté " et à la demande, pratiquent la DME, l'HNI, portent leurs enfants. En effet, de nombreuses personnes, pros ou non, jugent et donnent des conseils ou font des remarques et ce quelque soit vos pratiques parentales. Se retrouvent alors opposés les parents allaitants, ou biberonnants, porteurs ou utilisateurs de poussettes, cuisinants des morceaux ou des purées ... La réponse à des commentaires négatifs doit-elle être également faite de façon négative ? Peut-on imaginer qu'une personne qui vous fait une réflexion sur votre pratique soit interloquée ou bousculée, car vous voir proposer autre chose que ce qu'elle a mis en place avec son ou ses enfants, l'oblige à se remettre en question et à se demander si elle même a " bien fait " les choses ? Alors que nous devrions juste constater que notre diversité fait notre force et fait évoluer l'humanité. Au lieu de nous sentir jugé, sentons nous valorisé de proposer ce qui nous semble juste pour nous et nos enfants. Evitons le conflit si nous sommes dans un moment de fragilité et ne ressentons pas le besoin de " débattre ", ou en échangeant sur nos différentes pratiques en partant du principe fondamental que celles de l'autre sont tout aussi valables que les nôtres (quand elles n'impliquent pas de maltraitances évidemment).

Paix et amour ;)

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Marianne Bertrel

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